Jaym O’Esso

Une grâce masculine dans la danse de ballet


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Photo : Sean Martin
Ci-dessus : Jaym O’Esso

​​Pour notre mois spécial homme, nous ne voulions pas sélectionner des sports clichés typiquement affiliés au genre masculin. Voilà pourquoi, nous nous sommes intéressés à un domaine qui met beaucoup en avant les femmes mais où l’homme tient une place centrale.

Pour avoir une idée concrète, nous avons décidé de nous plonger au cœur du sujet, en interviewant le danseur Jaym O’Esso. À Seulement 24 ans, cette americano-suisse a déjà dansé aux 4 coins du globe. De Moscou à Tokyo en passant par Manhattan, Jaym a su régaler son public par ses performances de sportif de haut niveau. Élève, il répétait sans cesse des mouvements pour atteindre l’excellence, poussant l’hasard à l’exil. Puis demi-soliste pour le BLL (Béjart Ballet Lausanne), il a perfectionné la maîtrise de cet art qu’est la danse classique en incarnant de nombreux personnages. Durant un voyage à New York, il est repéré par l’agence de mannequinat Elite model. Grâce au maintien et à la présence que la danse lui a apporté, Jaym a pu se différencier des autres mannequins. Aujourd’hui, il continue de parcourir le monde et donner des représentations avec toute la troupe du Béjart Ballet Lausanne. Vous pourrez les voir durant la représentation de la Flûte enchantée à Lausanne du 14 au 21 juin au théâtre de Beaulieu.

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Quel est ton métier ?
« Je suis danseur professionnel, en anglais ballet dancer. »

Comment se passe une journée pour un danseur professionnel ?
« Le Béjart Ballet est l’une des rares compagnies à travailler 6 jours sur 7, 10h par jour. Nos journées commencent à 11h. Nous devons arriver 1h avant pour nous échauffer et faire les étirements. Puis nous commençons par la danse classique, c’est-à-dire à la barre, là où tout commence. C’est là que le professeur nous enseigne des pas à apprendre, accompagnés du piano. Ensuite, nous enchaînons avec des séries d’exercices, tels que les sauts, les pirouettes et les tours. Les après-midis nous apprenons les chorégraphies des différents ballets que nous présentons dans les villes où nous nous rendons. La compagnie Béjart Ballet présente un ballet différent dans chaque ville ce qui fait que nous devons travailler sur plusieurs ballets à la fois. »
 
Quels sont les avantages et les désavantages de la vie de danseur ?
« On en demande beaucoup à son corps, ce qui veut dire que l’on doit le maintenir en faisant attention à ce qu’on mange et à pouvoir bien le reposer. Cela implique énormément de sacrifices. Mais à travers les voyages, nous découvrons d’autres pays et d’autres cultures qui ouvrent l’esprit. Nous donnons beaucoup mais nous recevons aussi de la part du public. »

« On en demande beaucoup à son corps, ce qui veut dire que l’on doit le maintenir en faisant attention à ce qu’on mange et à pouvoir bien le reposer. Cela implique énormément de sacrifices. »

À quel âge commence-t-on à danser ?
« Le plutôt c’est le mieux.​ »

À quel âge arrête-t-on de danser ?
« Dans la compagnie nous avons une femme de 45 ans qui danse encore et qui ne compte pas s’arrêter de sitôt. Donc cela dépend de ce que notre corps nous dit. »

Est-ce qu’il y a un physique requis ?
« Pour être soliste, il faut au moins faire 1m80. Certaines compagnies vont même plus loin, jusqu’à mesurer les jambes, le buste et les tendons d’Achille. Le danseur « parfait » devrait avoir des tendons souples, de longues jambes et un petit buste bien dessiné. »

Est-ce qu’il y a des origines plus recherchées que d’autres ?
« Non. »

Comment devient-on un danseur professionnel ?
« Avec beaucoup d’entraînement, de patience et de travail. »

Comment entre-t-on dans une compagnie de danse ?
« Il faut envoyer un CV ainsi que des vidéos de danse. Par la suite, il y a des auditions et après la compagnie choisit de vous garder ou non​. »

Est-ce que n’importe qui peut faire de la danse ?
« S’il le veut, oui. Il faut avoir le physique bien sûr mais si le mental tient, alors le reste suivra. »


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Photo : Sean Martin
Ci-dessus : Jaym O’Esso

«  L’intention que l’on met dans chaque geste, chaque regard va nous différencier des autres, elle va évoquer la flamme qui brille en nous, c’est-à-dire notre personnalité. »

Comment fait-on pour se démarquer dans un milieu aussi compétitif que la danse ?
« L’intention que l’on met dans chaque geste, chaque regard va nous différencier des autres, elle va évoquer la flamme qui brille en nous, c’est-à-dire notre personnalité. C’est cela qui va nous démarquer les uns des autres.​ »

Est-ce que savoir danser dans le rythme est un atout ?
« Oui, bien sûr. Mais croyez-moi, lorsque je sors le soir avec d’autres danseurs de ballet, certains ne savent pas du tout danser. Cela peut être surprenant. »

Comment se sent-on face à un public ?
« Nous n’avons pas le droit à l’erreur parce que les gens sont là pour nous voir et une fois sur scène on donne tout. »

Quel est le pas le plus difficile ?
« Les pas les plus simples sont souvent les plus difficiles, comme par exemple marcher et courir. Les mouvements peuvent être exécutés d’une certaine manière qui fera qu’ils seront justes. Dans la marche ou la course, il y a la peur de s’encoubler ou de tomber et il faut pouvoir garder une certaine élégance dans ses pas. »


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Photo : Sean Martin
Ci-dessus : Jaym O’Esso
Est-ce qu’il y a des mouvements que seul un homme peut faire ?
« Un homme peut porter tandis qu’une femme ne le pourra pas parce que cela ne sera pas vu comme quelque chose d’élégant​. »

Quel est la place des hommes dans le ballet ?
« À la base, l’homme était là pour porter et assister la danseuse étoile. Avec le temps, les danses se sont modernisées. Elles sont devenues plus physiques et techniques, ce qui a permis à l’homme de se démarquer de la ballerine. »

Est-ce que les exigences sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes ?
« La pression en ce qui concerne l’apparence physique n’est pas la même. Malgré ça, un homme ne peut pas être trop gros car son physique est ce que l’on voit avant tout. »

Comment convaincrais-tu un autre homme de faire du ballet ?
« Je lui dirais de se lancer et que de toute façon le ridicule ne tue pas. »

Quel est le conseil que tu donnerais à un garçon qui veut commencer la danse ?
« Courage ! Parce qu’il en aura besoin. C’est un sport qui demande de la rigueur et de la volonté.​ »

Qu’est-ce que les gens seraient surpris d’apprendre sur le ballet ?
« La majorité des danseurs fument. Beaucoup malheureusement se droguent et la compétition pour les rôles, fait qu’il y a aussi du sabotage entre les danseurs. »

Par quoi as-tu été surpris quant tu as commencé la danse ?
« C’est que ce sport n’était pas réservé qu’aux femmes. »

Pour toi, qu’est-ce que la danse ?
« À travers la danse, je me sens exister et vivant. Elle me permet de libérer mes émotions selon l’humeur du jour. C’est aussi beaucoup de rigueur parce que c’est un sport qui demande un maintien et une tenue du corps au quotidien. Et si j’arrive à donner du plaisir à ceux qui me regardent, c’est un pari gagné ! »

Comment vois-tu l’avenir de la danse classique ?
« Les danseurs aujourd’hui touchent tout le monde, ils s’enrichissent sans pour autant exceller. L’artistique est là, mais la technique manque ; cela fait qu’il n’y a plus de danseurs incroyables aujourd’hui. »

Est-ce que tu considères le ballet comme plutôt chic ou choc ?
« Le ballet est chic, mais la danse est choc. »


Retrouvez Jaym O’Esso sur Instagram
Auteur : Helen Antwi

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