La pluie n’aura pas eu le meilleur du Paléo

La pluie n’aura pas eu le meilleur du Paléo


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Photo : Paléo / Laurine Mottet
Ci-dessus : Macklemore & Ryan Lewis, Paléo Festival Nyon 2017

Cette année encore, la pluie n’aura pas manqué le Paléo Festival ! Chaussés de leur bottes, baskets, tongues ou encore, pour certains, simplement pieds nus, les festivaliers ne se sont pas arrêtés de danser, chanter et sauter devant les rythmes entraînant de Black M, la soul précieuse de Jalen N’Gonda et la folk authentique de Mark Kelly. L’averse aura su pourtant laisser la place à la tête d’affiche de la soirée, le duo tant attendu, Macklemore & Ryan Lewis, qui, malgré un show ponctué de leurs meilleurs tubes, n’auront pas su laisser les problèmes politiques de leur pays chez eux.

Mark Kelly, l’artiste à la recherche de lui-même​

Artiste, poète et maintenant producteur de beurre de cacahuète, Mark Kelly a ajouté une nouvelle corde surprenante à sa guitare. Néanmoins « Le chevelu », vainqueur du Swiss Music Award dans la catégorie Best Act Romandie ne semble pas encore satisfait de son parcours : « J’ai envie de jouer plus de la musique, aller plus en studio et faire des tournées. Je veux faire de la vraie musique car, jusqu’à maintenant je ne suis jamais partie en tournée. Je veux vivre une vie de vrai musicien. » Nous dit-il, quelques heures avant son concert au Club Tent du Paléo.

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Photo : Paléo / Claude Dussez
Ci-dessus : Mark Kelly, Paléo Festival Nyon 2017
C’est avec un nouvel album, I am who I am, réalisé à l’aide d’un crowdfunding (levé de fond sur le net), qu’il revient sur la scène du festival nyonnais : « La différence entre mon premier Paléo et maintenant, c’est que je n’ai plus de dents (enlève sa prothèse dentaire puis la remet) (rire). Mais beaucoup de choses ont changé ; à mon premier Paléo, j’avais une mauvaise vision des suisses, j’étais encore dans le groupe Innacrisis et je m’en foutais. Maintenant je vois la vraie valeur de ce festival, je suis plus conscient de ce qui m’arrive. C’est un sacré festival ! Avec plus 40’000 personnes par soir ! Ma vision du monde a changé et ma musique a changé. »

« La différence entre mon premier Paléo et maintenant, c’est que je n’ai plus de dents (enlève sa prothèse dentaire puis la remet) (rire). Mais beaucoup de choses ont changé ; à mon premier Paléo, j’avais une mauvaise vision des suisses, j’étais encore dans le groupe Innacrisis et je m’en foutais. Maintenant je vois la vraie valeur de ce festival, je suis plus conscient de ce qui m’arrive. »

Musicien passionné, sa fougue ne l’empêche pas d’avoir une candeur touchante lorsqu’il parle de certains titres, comme Anna’s ghost, chanson évoquant une relation amoureuse digne d’un conte de fée, et Become the change, un appel à une prise de conscience du monde qui nous entoure : « Je suis devenu la personne que je voulais être, maintenant j’ose donner mon opinion sur le monde. C’est stupide et débile de consommer autant ; c’est en train de tuer le monde et ça ne peut pas continuer. Si tu sais qu’il y a plein d’animaux qui sont gravement tués et que tu en manges quand même, tu es dans le déni. C’est stupide ; on ne peut pas dire que nous sommes un monde civilisé si on continue à faire ça. Chaque année, tous les jours un nouveau téléphone sort, et ceci et cela. Oui au progrès, mais regardons aux déchets qui l’accompagnent. C’est un choix que j’ai choisi de faire. J’ai le même téléphone portable depuis des années, j’ai un ordinateur, j’achète les mêmes vêtements. Des gens veulent me sponsoriser, mais je refuse. Je suis en train de devenir le changement. Tu peux inspirer les gens aux changements mais tu ne peux pas dire aux gens de changer. C’est mon opinion. »

« Je suis en train de devenir le changement. Tu peux inspirer les gens aux changements mais tu ne peux pas dire aux gens de changer. »

En espérant voir son rêve de pouvoir collaborer avec Pharrell Williams pour son prochain album se réaliser, son énergie sur scène et sa musique, toujours plus poignante, nous aura plus que rassasier en ce soir pluvieux du quatrième jour du Paléo.

Jalon N’Gonga, un jeune talent surprenant​


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Photo : Paléo / Laurine Mottet
Ci-dessus : Jalen N’Gonda, Paléo Festival Nyon 2017
Jalon N’Gonda, voilà un nom qu’il vous faudra retenir pour les années à venir. Américain de naissance mais anglais par sa résidence, sa voix chaude et son tempérament mesuré a séduit les plus grands. Si les comparaisons à Ray Charles et Otis Redding sont inévitables, c’est parce qu’ils ont été des inspirations pour le jeune chanteur : « Si les gens me comparent à des artistes comme Ray Charles et Otis Redding, c’est parce que ce sont des chanteurs qui m’ont influencé quand j’étais plus jeune. Mais c’est vraiment génial d’être comparé à des artistes aussi bon. »

Paleo was belter

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Son baptême du Paléo ne semble pas l’effrayer, bien au contraire, profitant des autres concerts et se réjouissant même d’être présent au festival. Car ce qui inspire ses compositions, ce sont ses expériences : « Ce sont les mauvaises choses de la vie qui influence ma musique. Les erreurs que je fais, m’influencent beaucoup plus dans ma composition que mes valeurs. Si j’avais grandi en étant une bonne personne, j’aurais eu une vie facile et il n’y aurait rien à dire dessus. »
Si l’artiste a le charme et l’éloquence des anglais, c’est la furie américaine qui l’emporte lorsqu’il en vient à sa musique : « Je dirais que je suis plutôt « choc », car « chic » sonne un peu comme « shit » (merde en anglais) (rire). Plus sérieusement, mes trois premiers singles ont une résonance plus « chic », car ils ont un son plus enraciné qui se rapproche de la musique d’autrefois, des années 60. Mais si vous enlevez complètement le style, le rythme, et prenez juste la chanson, j’aime penser que c’est des paroles honnêtes et de la musique honnête. Que ce soit bon ou mauvais, c’est quelque chose que je ressens, que je ne peux pas préméditer. »

« Si vous enlevez complètement le style, le rythme, et prenez juste la chanson, j’aime penser que c’est des paroles honnêtes et de la musique honnête. Que ce soit bon ou mauvais, c’est quelque chose que je ressens, que je ne peux pas préméditer. »

C’est exactement ce que le public retrouve sur la scène du Club Tent ; un artiste au son et à la voix irréprochable, faisant de sa guitare non seulement un instrument, mais un compagnon sur chacune de ses chansons, autant rythm que blues.

Macklemore & Ryan Lewis, lorsque la fête laisse place au sermon politique​


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Photo : Paléo / Laurine Mottet
Ci-dessus : Macklemore & Ryan Lewis, Paléo Festival Nyon 2017
L’excitation est palpable et l’attente se fait longue alors que le public guette le duo qui l’a réunis devant la grande scène. Macklemore et Ryan Lewis entrent, le spectacle peut enfin commencer. Si une chose est sûr, c’est que le rappeur et son producteur ont su rester sur la vague de leur succès depuis la sortie de leur album The Heist, en 2012. 
Ils enchaînent leurs titres les plus connus, Thrift Shop, Brad Pitt’s Cousin et Same Love, chacune des chansons entraînant une frénésie incontrôlée du public impatient à l’idée de pouvoir accompagner le chanteur américain dans ses refrains.
Cependant, si une chanson engageant les gens à chanter Fuck Donald Trump réjouie le public à l’idée de pouvoir insulter le président américain, les innombrable exposés oratoires de Macklemore sur les injustices et les affaires politiques auxquels font face les États-Unis, démotivent vite des fans qui ne se sentent pas du tout concernés par la problématique.

Madnesssssssss □□□□□□□□

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Mais c’est la chanson Can’t Hold Us, hymne d’une génération YOLO voulant oublier les traquas de la vie et faire la fête, qui va réconcilier l’artiste et son public. Le duo terminera son concert avec groove, en jouant Downtown avec Eric Nally, le titre le plus connu de son dernière album This Unruly Mess I’ve Made, achevant une soirée de monologue accessoire sur une note d’euphorie.

Auteur : Helen Antwi

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