Stéphanie Gulizia

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Ci-dessus : Stéphanie Gulizia

Durant tout le mois de novembre, nous voulons vous parler du genre. Qu’il soit masculin ou féminin, l’importance qu’il a aujourd’hui dans la société n’est pas le même que celui qu’il avait il y a 30 ans. Pendant longtemps, les vêtements, les couleurs, les odeurs, les métiers et même les comportements étaient affiliés à un sexe et cela était respecté par tous. Avec le temps et grâce aux excentricités des artistes, les barrières du genre sont peu à peu tombées. Il a d’abord eu les vêtements, puis le métier et tout s’est enchaîné pour en arriver à aujourd’hui… En 2017, la femme occidentale travaille, a une carrière, s’habille, parle et se comporte comme elle veut.​

L’homme quant à lui, s’est découvert une nouvelle place dans la société fondée par ses pairs. Une place de père présent, d’un ami qui partage ses sentiments et d’un accro des vêtements. Ce changement séculaire facilement déstabilisé, voilà pourquoi nous avons décidé d’en parler avec une artiste lausannoise qui est « UniqueEnSonGenre ».

Peux-tu te présenter ?

« Je m’appelle Stéphanie, j’ai 23 ans, je vis à Renens depuis un an. C’est depuis que je vis seule que j’ai commencé à me révéler. Le fait d’habiter seule a déclenché en moi un besoin de m’exprimer. Donc un jour, je suis allée acheter de la peinture et j’ai commencé à peindre, à écrire des textes et jouer de la musique. Grâce à tout ça, j’avais trouvé mon refuge, un lieu où toutes mes émotions que je me retenais de partager pouvaient enfin être libérées. »

Comment te décrirais-tu en tant qu’artiste ?

« Je suis une hypersensible, si on prend le cas de mes peintures, elles sont le reflet de mes angoisses. Donc, quand je me mets à peindre, je vais prendre au maximum deux heures pour réaliser mon tableau. Je ne vais pas dans les détails, car pour moi c’est simplement un moyen de montrer ce que je ne peux pas dire avec des mots. C’est un moment très intime. »

« La peinture est simplement un moyen de montrer ce que je ne peux pas dire avec des mots »

As-tu déjà montré tes créations ?


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Photo : Stéphanie Gulizia
« Au début, je les postais sur Instagram, mais j’ai vite arrêté parce que c’est tellement personnel que je préférais me montrer nue que de dévoiler cette part de moi à des inconnus. En plus, mes tableaux puent la tristesse et ça ne joue pas avec « l’esprit » Instagram qui est plutôt de montrer une vie où tout va bien. »

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Pourquoi ce nom sur Instagram ?

« Je l’ai choisi, il y a quatre ans comme si je savais ce que j’allais devenir. »

Comment réagis-tu fasse à la critique ?

« Si elle peut me faire évoluer je vais prendre. Sinon je vais écouter et être contente parce que ça ne m’intéresse pas de plaire à tout le monde. J’aime provoquer des réactions voir comment les gens s’énervent. Au fond, l’être humain m’intéresse même si je me lasse très vite. »​

​Comment fais-tu dans ta vie privée avec cet ennui qui est si présent ?

« Je suis incapable de construire une relation avec qui que ce soit. Je suis une passionnée donc ma vie amoureuse est comme un feu de paille, elle s’éteint aussi vite qu’elle ne s’embrase. »​

« Je suis passionnée donc ma vie amoureuse est comme un feu de paille, elle s’éteint aussi vite qu’elle ne s’embrase »


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Ci-dessus : Stéphanie Gulizia

Comment t’habillais-tu avant adopter ton style androgyne ?

« Depuis l’enfance, je suis un garçon manqué. À l’adolescence, j’ai essayé d’être très féminine mais je ne suis pas du tout à l’aise avec ça. Vers 16-17 ans, j’ai commencé à me couper les cheveux et à plus facilement acheter des vêtements pour homme. Mais ce n’était pas forcément évident pour moi car toutes ses étiquettes hommes, femmes, lesbiennes, transgenres ne me correspondaient pas. Par la suite, j’ai compris que j’avais simplement à puiser ce dont j’avais besoin là où il fallait pour me construire moi.
Après, beaucoup de gens sont venus me poser des questions sur mon éventuelle envie de changer de sexe, chose qui ne m’a jamais traversé l’esprit, car je me sens bien en tant que femme. »​

Comment définis-tu le genre ?

« Avant tout c’est un sexe, ensuite c’est plus profond, plus dans la perception et le fonctionnement d’une émotion. »​

Quelle est la place du genre en 2017 ?

« C’est une sorte de chemin qui nous montre comment se comporter si on a besoin d’être guidé. Après, on ne doit pas se sentir obligé de l’emprunter mais je pense qu’il est important qu’il soit là pour tous ceux qui en ont besoin. »​

Quel est le conseil que tu aurais aimé entendre étant plus jeune ?

« Un jour, tu trouveras ta place mais pour y arriver, il va falloir souffrir pour que tu te rendes compte que le bonheur est une chance qui est offert à tout le monde. Et qu’il faut toujours écouter son cœur. »

Quelle place à ton entourage dans ta vie ?

« Mes sœurs sont ma vie, mes piliers. Ce sont les personnes qui m’ont soutenue, m’ont toujours comprise. Ce sont les meilleures personnes du monde. »

« Mes sœurs sont ma vie, mes piliers.»

Quelles sont tes valeurs ?

« Authenticité, liberté, neutralité. »​

Une phrase qui te décrit ?

« Les fous c’est les autres, l’enfer c’est nous. »

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Photo : Stéphanie Gulizia

Es-tu plus chic ou choc ?

« Choc. »

La playlist Uniqueenmongenre

La chanson :

Qui te Donne la pêche 
Candyman – Christina Aguilera

Qui te Rend Nostalgique
Creep – Radiohead

Qui t’inspire
Knights of Cydonia – Muse

Qui te rappelle l’adolescence
Lune de miel – Zaho

Que tu détestes
Hello – Martin Solveig

Que tout le monde doit connaître
Jungle de Tash – Sultana

Une chanson Chic
Wicked Game – London Grammar

Une chanson Choc
Autotune – Damso


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Ci-dessus : Stéphanie Gulizia

Auteur : Alex Daraio

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