Ultra

 

Ultra Italien


Qui es-tu ?

« Je suis un ancien ultra d’une équipe italienne et j’ai commencé dans les années 90’. »

Qu’est-ce qu’un ultra ? Et quelle différence avec un hooligan ?

« Il n’y a pas vraiment de différence. Les hooligans sont davantage Anglais, les « utrà » – qui se sont transformés en « ultras » – sont les européens du sud, italiens en particulier. Un « supporter » est un passionné qui soutient son équipe de sport. Hooligans et ultras ne sont pas uniquement destinés au foot. »

Du coup toi tu n’es pas un hooligan ?

« Non ! Les Hooligans sont souvent les Anglais qui détruisent tout. C’est aussi un terme qui est associé à la violence alors que l’ultra n’est pas forcément synonyme de violence.​ »

Un hooligan est forcément violent ?

« Pas nécessairement à la base, mais toujours prêt oui si il se définit comme cela. Sinon, il se définit comme supporter.​ »

Comment devient-on ultra ?

« Il n’y a pas de règle. On dira que le point de départ est d’aller au stade. Mais aujourd’hui les réseaux sociaux en montrent beaucoup plus qu’avant et créent ce qu’on appelle des « ultras de clavier ».​ »

C’est quoi un « ultra de clavier » ?​

« C’est une personne qui s’attaque aux autres derrière son clavier. C’est ce que nous faisions auparavant dans la rue.​ »

Du coup, il n’y a pas besoin d’avoir un « groupe » / « team » pour se considérer comme tel ?

« Non tu peux être tout seul « cani sciolti » = chien sans laisse.  Dans les groupes, ce sont souvent des gens du même quartier, idées politiques, … mais qui se rencontrent au stade.​ »

Est-ce que leur famille et amis sont au courant ? Quel regard portent-ils dessus ?

« En général oui, le simple fait d’aller au stade est un indice.
La famille et les amis soutiennent le fait de supporter la même équipe de se retrouver autour d’une passion commune. Les extrêmes peuvent être vus un peu moins bien, surtout du point de vue des personnes qui ne connaissent pas et qui ne font pas partie de ce monde. »

Qu’est-ce que cela apporte ?

« De l’adrénaline, du plaisir, pouvoir voyager en groupe, partager des expériences, porter le drapeau de ta propre ville mais aussi des divergences d’opinions et surtout des liens forts de fraternité que tu trouves rarement dans d’autres contextes… Notamment en Italie où le foot est déjà une religion en lui-même, le match, lui, n’est presque plus la chose la plus importante. »

Les ultras sont de quelles classes sociales ?

« Ça peut aller dans tous les sens, principalement les hooligans Anglais qui ont entre 35 et 55 ans. Ils sont de classe aisée car il faut avoir les moyens de se déplacer pour suivre les matches avec les transports, le logement, la nourriture et les bières.
En Italie, les 20 – 50 ans sont de toutes classes sociales : banlieue, architectes, médecins …
Ça ne dérive pas de la pauvreté, ce qui était peut-être le cas dans les années 80’ mais ça a beaucoup changé. »

Pourquoi ?

« Dans les années 80’, le foot était le seul repère de ceux qui n’avaient rien, une distraction ainsi qu’un recensement. Il n’y avait pas l’opportunité de voir toutes les rediffusions ou le match à la TV, donc au stade ou en déplacement sans arrêt, ça lie encore plus. »​

« Dans les années 80′, le foot était le seul repère de ceux qui n’avaient rien, une distraction ainsi qu’un recensement. »​

Est-ce qu’il y a des femmes ultras ?

« Oui bien sûr, c’est un peu moins courant mais il y en a toujours plus, surtout dans les stades. »​

Est-ce que les ultras aiment vraiment le foot ?

« Oui de base oui, même si certains peuvent être attirés par la politique ou l’entourage, mais à 90% ce sont des passionnés. »​

Est-ce qu’il y a des règles ou un code ultras ?

« OUI
Des règles non écrites. Par exemple : deux groupes d’ultras s’affrontent, si l’étendard (qui est réalisé généralement en fonction de la ville ou d’objets liés au monde ultras – couleurs, écussons, symboles, matraque, bonnet, cagoule, bière, ceinture…) se fait voler par l’autre équipe, le groupe en question DOIT déclarer qu’il n’existe plus. »​

Et s’ils ne le font pas ?

« Dans le monde ultras ils deviennent des clowns. »​

Le groupe peut être recréé à nouveau par la suite ?

« Oui avec un autre nom par exemple. Un autre exemple. En général, les bagarres devraient se dérouler sans armes à feux ni armes à lames (ceintures et bâtons sont acceptés) même si cela se passe quand même. Dans certains groupes, l’exclusion du groupe peut être faite. »​

Comment sont les relations avec les journalistes ?

« Journaliste = Terroriste ! »​

Est-ce que tu peux développer ?​

« Les ultras ne sont pas forcément toujours liés à la violence, aux bagarres et aux émeutes. Ce sont avant tout eux qui font vivre le foot. Un stade sans supporter et sans ultra, c’est comme s’il était sans cœur, sans lumière, sans hymne, sans couleur… Les ultras sont le cœur pulsant du foot. Essayez de faire un match de foot sans supporter… c’est la mort du foot ! »​

Pour toi c’est inimaginable un stade sans supporter ?

« Il n’y a pas de foot sans supporter et sans passion. En Angleterre, il y a eu une forte répression sans toutefois réprimander les drapeaux et les chants qui représentent l’âme du foot.
​Pour un journaliste, il est toujours plus simple de mettre en avant le négatif plutôt que d’évoquer les chants, les couleurs des drapeaux, la fraternité et le soutien des ultras. L’image est donc déformée et incorrecte à ce sujet. »​

Qui sont les ultras les plus agressifs ?

« La nouvelle génération d’ultras : les Russes et Polonais, mais avec encore l’Italie (Rome – Naples – Atalanta… ) »​

Etre ultra, c’est chic ou choc ?

« C’est chic ! C’est cool de faire partie d’une grande famille. Et Choc car c’est dans l’extrême. »​

Auteur : Alex Daraio

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