Une danse d’émotions avec juste une barre

Une danse d’émotions avec juste une barre


Photo

Photo : Alan Héritier
Ci-dessus : Alan Héritier

Le mois de novembre et ses premiers flocons s’accompagnent de la grâce du champion suisse de Pole Sport 2016, Héritier Alan. Il prend le temps de nous faire découvrir son univers et l’innombrable offres artistiques que l’on peut faire avec juste une barre.

Toutes les rencontres naissent par hasard. Alan Héritier a rencontré ce sport sur internet, comme de nombreuses rencontres modernes. « Le pole sort des sports ordinaires. On se muscle en s’amusant. On arrive très rapidement à faire des figures. Dès le premier cours, on peut maîtriser deux figures basiques. On trouve toujours quelque chose de sympa à faire. » C’est cette facilité à progresser qui a convaincu le non-sportif qu’il était.

« Le pole sort des sports ordinaires. On se muscle en s’amusant. »


Photo

Photo : Alan Héritier
Ci-dessus : Alan Héritier
En 2015, il commence la pratique de ce qui deviendra sa passion. Par la suite, il décrocha en 2016 son titre de champion suisse ainsi que deux secondes places au concours PoleArt Greece (ndlr : 2016 et 2017). « Pendant 4 mois, avant la compétition (ndlr Pole Sport 2016 Swiss) j’ai arrêté de travailler. J’ai pu prendre un haut niveau, je m’entrainer sept heures par jour, six jours sur sept » nous confie Alan Héritier. « Monter une chorégraphie pour une compétition prend quinze heures. Puis il faut compter trois mois pour la maîtriser. En montant la chorée, on place des figures qui prendront du temps à être exécuté proprement. Mais la chorégraphie finit par passer avec l’entraînement. »
Le Pole Dance se divise en deux catégories toutes deux ayant pour but de présenter une chorégraphie face à jury. Le Pole Sport note les candidats en fonction des figures, des transitions et de l’angle. Dans cette compétition, on cherche à produire la chorégraphie contenant le maximum de points possibles. La seconde discipline se nomme Pole Art, elle est moins réglementée. La chorégraphie peut s’accompagner d’accessoires, de costumes ou d’autres personnes. Le Pole Dance dans sa diversité peut se pratiquer en duo. De plus, il y a deux types de barres : statique et fixe.
Alan Héritier nous parle un peu plus en détail de sa vision du Pole Dance. « La Pole s’est tellement beau, gracieux. Cela demande tellement de force et de souplesse. C’est un sport qui travaille en interne. Quand on observe un athlète de Pol, on a l’impression que c’est tellement facile au contraire d’autres sports où la douleur se lit sur les visages. Mais en réalité, il y a un très grand travail de gainage ».

« La fluidité est certainement l’aspect le plus complexe. Il permet d’enchaîner les figures de souplesses et de force pour que le tout soit joli à regarder. »


Photo

Photo : Clém Piller
Ci-dessus : Alan Héritier

La Pole est donc un travail du corps en profondeur qui demande à chacune de ses parties de se gainer. Le corps est affiné, sublimé par un muscle finement dessiné. « La fluidité est certainement l’aspect le plus complexe. Il permet d’enchaîner les figures de souplesses et de force pour que le tout soit joli à regarder. C’est tellement intéressant de voir tout ce que l’on peut faire avec juste une barre. De plus l’univers est tellement grand, chaque école propose quelque chose d’unique ». Cette discipline permet donc de développer son sens artistique par le corps.
Alan Héritier se livre sur cette discipline qui le met constamment face à son corps. « Elle se pratique au milieu des miroirs pour qu’on puisse se voir. On pourrait penser que c’est narcissique mais pour avancer on est obligé de se regarder. Le bras doit être droit, les pointes effacées. C’est des petites choses mais dès qu’on se voit les faire, on est fier. Ce regard continuel sur nous nous aide à nous accepter ». Il témoigne aussi de l’effet positive qui entoure la pratique de ce sport dans sa vie. « J’étais très pudique. Depuis que la pratique la Pole, j’ai dû apprendre à me regarder en mini short et m’accepter. Autre que l’aspect compétition, c’est aussi un travail sur soi-même. »
Cette discipline offre par sa diversité la possibilité d’être aussi chic que choc. « J’ai eu fait des chorégraphies qui étaient totalement choc et d’autres très chic. Tout dépend de comment on interprète. C’est comme un habit, on peut le porter de manière choc et sulfureux ou chic et élégant. Tout dépend de comment est la personne et de comment elle interagit (…) Lors d’une chorégraphie, on met le curseur en fonction de ce que l’on veut présenter. »

« J’ai eu fait des chorégraphies qui étaient totalement choc et d’autres très chic (…) Lors d’une chorégraphie, on met le curseur en fonction de ce que l’on veut présenter. »


Photo

Photo : Clém Piller
Le corps est un outil que l’on sublime par la pratique de la Pole Dance. Gracieux, enivrant, aérien voilà les termes qui à mon sens décrivent le mieux ce sport. Alors n’hésitez pas à prendre de la hauteur ou du moins de tenter l’expérience. Retrouvez donc Alan Héritier dans son école I Am Pole située à Conthey.​

Retrouvez Alan Héritier sur les réseaux sociaux !


Auteur : Mégane Massy

• À DÉCOUVRIR •


CULTURE

Marlene Delaquis


Voyage au coeur de l’être

INTERVIEW

Stéphanie Gulizia


L’artiste qui défie les genres

BON PLAN

Le parfum a-t-il un genre ?


L’expert en parfumerie, Philippe Cart répond à nos questions

Comments are closed.