Le Burlesque

Welcome to Burlesque


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Photo : David Soyer MUAH : Talia Cresta
Ci-dessus : Lilly

On joue à en montrer, mais attention jamais trop. On laisse glisser un vêtement le long de notre corps avec un oups en guise d’expression faciale. Ce mois, chic-choc mène la danse et vous emmène à la frontière de l’esthétique et du sport. Welcome to Burlesque.

La magnifique Lilly, membre fondatrice de « Pearl Glasting », nous guide avec charme dans notre découverte de cet art. « Pour moi, c’est un art de la scène. Une discipline dont l’objectif principal est d’exécuter quelque chose sur scène. A l’origine, c’est une forme de strip-tease « vintage », tout en sachant que les strip-teases sont apparus à la fin du 19ème, début du 20ème. Il y a un style entre les années 30 et 50 que l’on nomme burlesque. »

« Burlesque vient de la farce, il y a donc toujours quelque chose dans le décalage par rapport à la norme. »


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Photo : CarmeleonPicture
« A l’origine, il y a toujours quelque chose de décalé. Burlesque vient de la farce, il y a donc toujours quelque chose dans le décalage par rapport à la norme. » Le piquant du burlesque vient de cette capacité qu’il a de se réapproprier les normes pour les transgresser et en jouer, le tout en mettant la beauté du corps en lumière. Cette capacité à envoûter le public vient du tease. « Le tease est le fait d’attiser l’intérêt du public d’aller le chercher, de créer un lien avec lui soit par le charme, l’impertinence, un questionnement politique ou idéologique. »
Lilly souligne le fait que le burlesque reste marginal, on a de ce fait une difficulté à le voir comme un art vaste. « Je coproduis le « Geneva Burlesque Festival ». La première année, on a eu un bon impact médiatique. On s’est fait entendre. L’année suivante, on revient et les gens nous disent qu’ils ont déjà fait un article sur le burlesque. »
Boylesque, queenlesque, queerlesque, gorelesque… le burlesque permet à toutes les communautés de s’exprimer. « Pour mes shows, je ne suis pas vraiment dans l’alternatif. J’ai un style très classique, c’est ce que je cultive. Mais il y a toujours ce petit côté décalé. » nous confie Lilly.

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Photo : Nethanel Brys
Se mettre sous la lumière des projecteurs et jouer de son corps n’est pas anodin. Le burlesque ou autre type d’effeuillage n’est pas une solution magique pour aimer son corps. « Monter sur scène peut être une expérience fantastique si on est préparé, mais elle peut également se révéler négative quand on n’est pas dans une démarche artistique. »

« Chaque numéro est un univers en soi. »

La magie du burlesque se nourrit d’un très grand en amont. « Chaque numéro est un univers en soi que l’on confectionne de A à Z. On crée un numéro, on mixe la musique, on pense le costume. Pour les costumes, l’idée germe dans la tête. En grande partie, je les couds moi-même, je les customise. Pour les pièces plus complexes comme les corsets, je les fais faire en collaboration avec des couturiers. » Le burlesque est une discipline qui demande un travail de petites souris et une créativité infinie.
Il reste la question de la place de cet art dans une société où la nudité, le corps s’exposent sans retenu. « Le burlesque a d’autant plus sa place maintenant car on est peut-être dans une société où l’on montre beaucoup, voir tout. Il n’y a plus de suggestion. C’est un peu une réponse à la montée du porno dans les années 90 que le burlesque est réapparu. Avec l’idée de rejouer de ces codes, de se réattribuer les codes du strip-tease qui étaient dévolus aux hommes. » Il ne s’adresse donc plus uniquement aux hommes en manque d’érotisme, mais propose un spectacle par le corps appréciable par tous à des degrés et à des interprétations différentes. « A l’heure actuelle, le public est en train de s’équilibrer. Mais lorsque j’ai commencé, le public était majoritairement féminin. Elles s’étaient passionnées pour cet esthétique. »

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Photo : Audrey Piguet

« Il faut laisser les aprioris de côté et ne pas y aller avec trop d’attente, juste laisser venir ce qui vient et voir ce qui se passe en soi. (…) Le burlesque ne laisse jamais insensible. »

Lilly promeut sa discipline positivement à l’aide de l’association « Pearl Glasting ». « Elle vaut la peine d’être découverte au travers de cours, de workshop, d’un show. Il faut laisser les aprioris de côté et ne pas y aller avec trop d’attente, juste laisser venir ce qui vient et voir ce qui se passe en soi. (…) Le burlesque ne laisse jamais insensible, il a un impact positif ou négatif. »

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Photo : David Soyer
MUAH : Talia Cresta
Pour se délecter d’un peu de sensualité en ce début juillet, je vous laisse avec quelques performeurs chaudement recommandés par Lilly. Bon été.
Pour l’univers retro de Lilly cliquez ici

Auteur : Mégane Massy

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